LA DEVIATION NORD DE VANNES
Le projet de déviation nord de Vannes est un sujet d’importance majeure pour la vie locale, chacun s’accorde à le reconnaître, qu’ils soient opposants (dont nous faisons partie) ou personnes favorables au projet (ce qui est le cas de la mairie actuelle de Theix.
Ces deux « camps » s’affrontent à la fois au plan « technique » sur la nécessité d’un tel projet pharaonique et sur son impact réel sur ce qu’il est supposé améliorer.
Mais ce combat met face à face deux projets de société très différents l’un de l’autre, fondés sur des valeurs radicalement différentes.
L’un favorable à cette déviation, rêve d’un « tout développement » sans frein et se gausse du phénomène de croissance démographique et économique de la région qu’il récupère comme une réussite politique.
L’autre se fonde sur un désir de vie saine, sur des valeurs de développement durable et pérenne en harmonie avec notre cadre de vie.
Il faut avant tout remarquer que le développement économique et la croissance démographique de la région, ne doit en aucun cas être « récupéré » par certains politiques locaux comme un fruit de leur réussite et de leur volonté. Cette évolution est avant tout motivée par les atouts indéniables de la région qui attirent sans cesse plus de monde, et le rôle des politiques est non pas de se couvrir de lauriers qui ne leur reviennent pas mais de gérer cet état de fait de la façon la plus intelligente possible.
Ces atouts qui attirent sont principalement liés au cadre environnemental, géographique et climatique de la région vannetaise, comme nous le savons tous.
Détériorer ce cadre de vie de façon irrémédiable, c’est « tuer la poule aux œuf d’or », faire régresser dramatiquement notre qualité de vie à TOUS (pollution, bruit, paysage) ; et faire preuve d’irrespect à l’égard de notre environnement.
A une époque où la crise énergétique de long terme se profile en ligne de mire, où on connaît tous aujourd’hui les menaces écologiques et climatiques qui pèsent sur notre siècle, investir dans une nouvelle voie rapide toujours dans une optique de développement de la circulation automobile, c’est faire preuve d’un manque de vision et de sens des responsabilités.
Celui qui a investi dans le moteur à vapeur à l’aube de l’ère de l’électricité et du moteur à explosion s’est trompé lourdement, c’est un investissement de ce type que nous proposent Mr Goulard et ses soutiens à travers ce projet de contournement.
Hors si un politique se sent manquer de vision et manquer à ses responsabilités, il est alors temps pour lui de changer de métier, c’est qu’il « a fait son temps ».
Il faut rajouter à ce constat, des raisons très pragmatiques et techniques pour s’opposer à cette saignée faite dans notre campagne :
-Les études de circulations sont contestables, et ne prouvent en rien l’absolue nécessité de cette réalisation, car elle ne fluidifierait que peu les flots de circulation nord/sud qui sont la principale cause de difficulté aux heures de pointe. Dans ce sens de nombreux maires de communes avoisinantes en contestent l’intérêt.
-Le coût financier de cet ouvrage est gigantesque.
-De nombreuses expropriations couperont des sièges d’exploitation agricole, dont une vingtaine sur la commune de Theix.
-les dégâts en terme d’environnement (faune, flore, rupture des corridors écologiques), de paysage, de nuisance sonore (fond sonore désagréable jusqu’à 5 km de chaque côté) sont irréparables et considérable à l’échelle d’un territoire. Ne pas en tenir compte s’est aller contre une notion de « progrès » qui se voudrait enfin humain, responsable et durable.
-L’atteinte à l’image du pays de vannes dont l’attrait est essentiellement dû à son cadre de vie de caractère jusqu’ici rural, serait préjudiciable à nous tous.
-Il est surprenant et décevant de constater que rien n’est fait pour favoriser les moyens de transports collectifs, qu’aucune réflexion sérieuse n’est menée dans ce sens. La desserte interne à la ville de Vannes est digne d’une ville du début du siècle dernier et celle menant aux communes environnantes n’incite guère à son utilisation de façon habituelle et régulière.
Pour finir force est de constater que les difficultés de circulation sont encore bien relatives (nous ne sommes pas à Paris). Demandons nous si l’amélioration relative du sacro saint « confort de l’homo automobiliste » mérite vraiment de faire de tels ravages dans notre cadre de vie.
Il faut explorer d’autres voies, trouver des solutions raisonnables et durables aux évolutions de notre région.
Sur le site de la CCI du morbihan :
« Dans le même esprit [de développement des infrastructures locales] , la CCI à initié fin 2005 la
création d’une association d’entrepreneurs en
faveur du projet de contournement Nord de
Vannes,présidée par Pierre Montel. »
Ces entrepreneurs ne sont donc pas venus d’eux même ? puisque c’est la CCI qui a « initié » cette création, CCI à la botte de monsieur Goulard, dont l’organe de communication (l’association VIPE) est une vraie création politique.
Sur le site de la communauté d’agglomération, concernant le diagnostique écologique de la région :
« - l’aspect prioritaire pour la biodiversité que revêt, compte tenu du contexte, la
préservation ou la restauration des corridors écologiques : il s’agit alors d’éviter les
effets de coupure des milieux et des trajectoires d’espèces ; c’est un des enjeux
de projets d’infrastructures (contournement Nord de Vannes) qui mobilise les
inquiétudes d’associatifs et de scientifiques ; »
On admet que la biodiversité est une priorité « officielle », mais on tait que la priorité des politiques locaux est « le développement » de la circulation. Ces inquiétudes sont bien fondées, en terme de biodiversité et de préservations des corridors écologiques, on ne peut trouver pire catastrophe que ce projet de contournement, ce projet est inconciliable avec l’aspect prioritaire de la préservation du milieu.
Dans le Mensuel du Golfe du Morbihan de novembre 2005
Présentée comme LA solution aux problèmes de circulation vannetais, le projet autoroutier de contournement nord de Vannes semble aujourd'hui définitivement dans l'impasse. Conçu en 1984, il apparaît comme obsolète, incompatible avec la nouvelle donne pétrolière et les nouvelles orientations environnementales. Il s'avère également très difficile à financer, à l'heure où les caisses de l'Etat sont vides et celles de la Région dédicacées au développement du ferroviaire. Quelles alternatives peuvent-elles être trouvées ?